Emelie Forsberg

65 km Ice Trail Tarentaise victoires d’Emelie Forsberg et François D’Haene

Dimanche 13 juillet, Val d’Isère a accueilli la troisième édition de l’Ice Trail Tarentaise Mizuno organisée par l’association Trailers Pays de Savoie. Le 65 km était le support de la deuxième étape des Skyrunner World Series catégorie Ultra et de la troisième étape homme du Salomon Skyrunner France Series. Le 32 km compte pour le classement femme et espoir de ce circuit national.

Les conditions météorologiques sont restées correctes avec un peu de soleil parfois caché par des nuages ou du brouillard, mais pas de précipitation. Les tracés initialement prévus ont été maintenus avec seulement quelques dizaines de mètres d’altitude en moins sur le sommet de la Grande Motte et de l’Aiguille Pers.

Le 65 km a été remporté par Emelie Forsberg et François D’Haene, tous deux du team Salomon. Le 27 juin à Chamonix, la Suédoise a été sacrée lauréate du 80 km des Skyrunning World Championships et François D’Haene a pris la deuxième place derrière Luis-Alberto-Hernando Alzaga. A Val d’Isère l’Espagnol a fait jeu égal avec François D’Haene sur la première partie de la course avant d’être distancé et d’abandonner.

Emelie Forsberg première à Val Claret avec une courte avance sur Maud Gobert, avait déjà creusé un écart sur la Savoyarde autour de 8 mn à la Grande Motte. Au final la Suédoise gagne avec plus de 17 mn sur Alessandra Carlini qui ne précède Maud Gobert, team Adidas, que de quelques secondes.

« On a couru ensemble à partir du km 20 et Alessandra m’a proposé que l’on termine ex aequo. Suite à un quiproquo il y a un petit décalage à l’arrivée. Deuxième ou troisième, je suis très heureuse de ce résultat qui s’ajoute à ma quatrième place sur le 80 km de Chamonix. La forme est présente, je me sens bien sur ces types de format et de profil et suis heureuse en montagne. »

La Haut-Alpine Delphine Roux, Ski Club Queyras, décroche la deuxième place chez les Françaises et la cinquième du classement général.

François d'Haene

Sur le 65 kilomètres de l’ITT, François D’Haene, Luis-Alberto-Hernando Alzaga et Tom Owens sont passés en tête au premier point de contrôle situé à Val Claret km 10, ainsi qu’à ceux de la Grande Motte, km 19,9, du col de Fresse, km 25,9 km et refuge du Fond des Fours km 41,9. Fabien Antolinos est alors quatrième à environ 9 mn des trois leaders.

Dans la montée vers le col des Fours, km 50,9, François D’Haene prend seul le large. A l’Aiguille Pers, km 52, 3294 m d’altitude, il compte 14 mn d’avance sur Luis-Alberto-Hernando Alzaga, qui a ensuite abandonné et 21 mn sur Fabien Antolinos.

« On est parti très vite, constate François D’Haene, on s’est retrouvé à trois et aucun de nous a pu parfaitement gérer ses efforts. Chacun jouait la première place. J’ai accéléré dans le col des Fours et Luis et Tom n’ont pas réussi à me suivre. J’ai continué sur le même rythme jusqu’à l’Aiguille Pers. Grâce à mon avance j’ai profité pleinement de la dernière descente vers Val d’Isère. »

A l’arrivée François D’Haene devance Fabien Antolinos de 18 mn et Tom Owens de 24 mn. Trois autres Français se hissent dans le top 10 : Gaël Reynaud,
Guillaume Beauxis et Grégory Doucende. Cette victoire est pour François D’Haene la première sur une étape des Skyrunner World Series catégorie Ultra. Cette saison il a franchi un nouvel échelon grâce à plusieurs facteurs dont davantage d’expérience et une meilleure planification et gestion de sa récupération.

Sur le 32 km, Christel Dewalle est victorieuse Déjà seule devant au refuge du Fond des Fours, elle a creusé ensuite progressivement les écarts avec Aurélia Truel et Séverine Bovero, deuxième et troisième à l’arrivée. Virginie Covignon finit quatrième, est occupe désormais la première place du classement provisoire du Salomon Skyrunner France Series.

La veille à Gap Christel Dewalle, team Adidas, s’était classée 11ème et première Française du 8,15 km du championnat d’Europe de courses en montagne

« Je suis contente de ma victoire à Val d’Isère et de mon résultat à Gap où je n’étais pas très à l’aise dans les descentes. Entre ces deux compétitions la nuit a été courte et au fil des kilomètres j’ai ressenti des courbatures de plus en plus grandes aux fesses et aux jambes. J’ai serré les dents dans la dernière descente sur Val d’Isère. »

Sur la même distance, Michel Rabat est premier, Nicolas Pianet et Alexis Traub complètent le podium. Ces trois trailers pouvaient encore l’emporter au passage du col de l’Iséran et c’est dans l’ultime descente vers Val d’Isère que tout s’est joué. Matthias Mouchart, 22 ans, cinquième au scratch, se classe premier de la catégorie espoir. Une performance qui lui permet de renforcer sa place de leader espoir sur le Salomon Skyrunner France Series.

« Ce circuit constitue mon gros objectif de ma saison. Attiré depuis longtemps par la montagne, je me suis immédiatement pris au jeu du trail après avoir pratiqué auparavant le triathlon à un niveau national. Mon passé de triathlète m’a permis d’acquérir une bonne vitesse de base que j’ai réussi à bien retranscrire en montagne. Ce 32 km est ma plus belle et plus difficile course de ma vie. Je suis très content. J’ai bien géré en accélérant au fur et à mesure grâce à de super jambes. Seul petit bémol quelques crampes d’estomac vers le 22ème kilomètre. »

Le Gapençais du team Tecnica, a débuté en trail en 2013.

Les tops 10 et 5

65 km

Dames
1 Emelie Forsberg, team Salomon Suède, 09:24:09.
2 Alessandra Carlini, team Agisko Italie, 09:41:16.
3 Maud Gobert, team Adidas-UAM Saint-Jean-de-Maurienne 09:41:22.
4 Nuria Domínguez-Azpeleta, Xraid Espagne, 09:56:39.
5 Delphine Roux, Ski Club Queyras, 10:09:09.
.
Hommes
1 François D’Haene, team Salomon France, 07:37:09.
2 Fabien Antolinos, Terre de Running, 07:55:20.
3 Tom Owens, team Salomon Royaume-Uni, 08:01:05.
4 Fulvio Dapit, team Crazy La Sportiva Italie, 08:05:08 .
5 Manuel Merillas, team Mammut Espagne, 08:07:45.
6 Travis Macy, Vitargo / Hoka One One Etats-Unis, 08:13:13.
7 Gaël Reynaud, team Optisport, 08:15:10.
8 Guillaume Beauxis, team Salomon France Espoir, 08:22:16.
9 Jordi Bes-Ginesta, Catalan Equipe Espagne, 08:28:49.
10 Grégory Doucende, team Altitude Font-Romeu, 08:34:48.

32 km

Dames
1 Christel Dewalle, team Adidas, 03:49:28.
2 Aurélia Truel, team Mizuno, 03:59:40.
3 Séverine Bovero, team terre de Running-Mizuno, 04:13:37.
4 Adèle Milloz, team Ravanel And Co, 04:16:46.
5 Virginie Govignon, team Race Land Andorre, 04:17:21.

Hommes.
1 Michel Rabat, HVA team La Sportiva 66320, 03:16:54.
2 Nicolas Pianet, team Terre de Running-Mizuno, 03:20:08.
3 Alexis Traub, team Scott-Odlo-Led Lenser, 03:22:41.
4 Nicolas Hairon, Dauphiné Ski Alpinisme, 03:22:53.
5 Matthias Mouchart, team Tecnica, 03:25:20.

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Photos Damien Rosso www.droz-photo.com

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Michel Lanne

Les 27 et 29 juin à Chamonix, trois des épreuves du Marathon du Mont-Blanc ont attribué les 6 titres et 12 podiums des Skyrunning World Championships 2014 et rassemblé un des plus beaux plateaux international de l’histoire des trails.

Vendredi un soleil généreux a éclairé les trailers sur le 80 km et Km Vertical. Dimanche la pluie a copieusement arrosé ceux du 42 km et contraint les organisateurs à utiliser un parcours de repli.

Kilian Jornet, Salomon Espagne, déjà vainqueur deux jours avant du Km Vertical, a récidivé sur le 42 km ajoutant deux nouveaux titres à son impressionnant palmarès. Michel Lanne, Salomon France, termine deuxième à un peu plus de deux minutes. Thomas Owens, Salomon Royaume Uni, prend la troisième place. Greg Vollet, deuxième Français, est dixième.

Chez les dames la lutte a été intense et les écarts sont serrés. l’Italienne Elisa Desco, Scott /Agisko devance les Américaines Megan Kimmel, Asics et Stevie Kremer, team Salomon. Anne-Lise Rousset, Race Land, meilleure Française est septième.

Michel Lanne vice-champion du monde 42 km Skyrunning 2014 propose à chaud son journal de course.

Accrocher le bon wagon

Dimanche 29 juin, 7 heures, le départ du 42 km du Marathon du Mont-Blanc est salué par une forte pluie. La température est plutôt froide et les hauts sommets du massif du Mont-Blanc sont saupoudrés, suite à la neige fraîche tombée dans la nuit. Dès les premiers mètres, le tempo est très rapide. Je me place dans les 5 premiers, car j’ai à cœur d’accrocher le bon wagon dès le début de course. Nous constituons rapidement un groupe de 7 coureurs dont Kilian, Saïd Ait Malek, Marc Lauenstein, Tom Owens, Aritz Egea, un Japonais et moi-même. Le rythme reste soutenu jusqu’à Vallorcine mais cela me convient bien.

La chasse commence

A la sortie du ravitaillement de Vallorcine, je sais que la bagarre va commencer dès les premiers mètres de la montée vers le Col des Posettes. Kilian porte une attaque, j’essaye de le suivre un petit instant avant de le laisser partir pour ne pas me mettre dans le rouge. Notre groupe explose et la chasse commence.
Au col des Posettes, un fort vent glacial et la pluie nous accueillent. J’évolue alors en quatrième position et profite de la descente pour bien accélérer et éviter de me refroidir.

Ne pas exploser avant la Flégère

A Tré-le-Champ, je reviens en tête aux côtés de Kilian. Je suis très surpris et heureux mais je ne m’emballe pas pour autant ! Kilian est très fort aujourd’hui et il serait difficile, voire risqué, de vouloir jouer la gagne avec lui dans la montée vers la Flégère. Il y place une grosse attaque et je ne parviens pas à le suivre. Je poursuis ma course sur un rythme très soutenu, mais en gardant toujours des forces pour ne pas exploser avant la Flégère. Je sais que Tom Owens, Said et Aritz ne sont pas loin derrière et que la moindre faiblesse me ferait immédiatement rétrograder au classement et quitter le podium. Mais malgré cette pression, je prends un plaisir immense à courir sur cette partie du parcours.

Je savoure le dernier kilomètre comme jamais

Avant la Flégère, j’aperçois Kilian environ 3 minutes devant moi. Derrière, trois coureurs sont à 30 secondes environ. Mais j’ai gardé assez de force pour amorcer la dernière descente sur Chamonix à vive allure et ainsi contenir le retour de Tom Owens. Ce n’est qu’en entrant dans Chamonix que je réalise vraiment que je vais devenir vice champion du monde de Skyrunning derrière la légende Kilian. Quel bonheur, quel instant magique. Je savoure le dernier kilomètre comme jamais. Je me souviendrai toute ma vie de ce moment et du plaisir que j’ai ressenti, une fois la ligne d’arrivée franchie, en partageant ma course avec ma femme, ma petite fille et mes proches.

Encouragé et littéralement porté.

Ce 29 juin, j’ai vécu une journée de course idéale. Dès les premiers kilomètres, j’ai senti que les jambes répondaient bien, que j’étais frais et qu’il y avait quelque chose à jouer. Mais surtout, j’étais très fier de courir quasiment « à domicile » sur ce championnat du monde. C’est une chance énorme et un sacré avantage d’être chez soi. Tout au long du parcours, les gens m’ont encouragé et littéralement porté. Grâce à eux, j’ai tout donné pour aller chercher cette deuxième place. Je remercie de tout mon cœur toutes ces personnes qui ont bravé la pluie et le froid pour venir nous soutenir.

Le gros objectif de ma saison

Ce championnat du monde était le gros objectif de ma saison. Je voulais vraiment faire quelque chose, mais dans mes rêves les plus fous, je visais un top cinq au mieux. Aujourd’hui, je suis certainement le trailer le plus heureux au monde ! Vice champion du monde, je n’avais même pas osé l’imaginer ! Mais depuis vendredi et le titre de Vice champion du monde de mon pote François D’Haene sur le 80 km, j’étais tellement heureux pour lui que sa performance m’a donné des ailes. Le bilan de ce week-end est exceptionnel : François et moi, deux fois deuxièmes ! Chris Malardé notre entraîneur et Jean-Mi Faure-Vincent notre manager doivent être contents de nous, je pense.

Une belle fête du trail

Je tiens également à remercier le Club des Sports de Chamonix, l’ensemble des bénévoles présents sur la course et je félicite la Fédération Internationale de Skyrunning qui nous a proposé un championnat du monde d’une qualité remarquable. Et un grand bravo à tous les coureurs présents sur l’ensemble des épreuves du Marathon du Mont-Blanc. C’était tout simplement une belle fête du trail et chacun d’eux y a contribué !

Les podiums Skyrunning World Championships 2014

80 km
Dames

  1. Tina-Emelie Forsberg, Suède, Salomon, 12:38:49.
  2. Anna Frost, Nouvelle-Zélande, Salomon, 12:46:52.
  3. Magdalena Laczak, Pologne, Salomon Suunto, 12:58:51.

Hommes

  1. Luis-Alberto Hernando, Espagne, Adidas, 10:25:52.
  2. Francois D’Haene, France, Salomon,10:29:33.
  3. Ben Duffus, Australie, Australia and New Zealand Skyrunning Association, 10:52:33.

KM Vertical
Dames

  1. Laura Orgue-Vila, Espagne, FEDME, 00:41:29.
  2. Stevie Kremer, Etats-Unis, Salomon, 00:41:37.
  3. Christel Dewalle, France, Adidas, 00:41:50.

Hommes

  1. Kilian Jornet, Espagne Salomon, 00:34:18.
  2. Bernard Dematteis, Italie, A.S.D. Podistica Valle Varaita, 00:34:36.
  3. Urban Zemmer, Italie, La Sportiva, 00:34:37.

42 km
Dames

  1. Elisa Desco, Italie, Scott /Agisko, 03:53:33.
  2. Megan Kimmel, Etats-Unis, Asics, 03:54:51.
  3. Stevie Kremer, Etats-Unis, Salomon, 03:55:36.

Hommes

  1. Kilian Jornet, Espagne, Salomon, 03:23:39.
  2. Michel Lanne, France, Salomon, 03:25:50.
  3. Thomas Owens, Royaume-Uni, Salomon, 03:26:20.

http://www.montblancmarathon.net

Crédit Damien Rosso / http://www.droz-photo.com

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Ice Trail Tarentaise Mizuno Christel Dewalle et François D’Haene deux ambassadeurs qui courent vite et longtemps

Dimanche 13 juillet, troisième édition de l’ITT, Ice Trail Tarentaise Mizuno, plus haut trail d’Europe avec un circuit en boucle autour de Val d’Isère long de 65 kilomètres, un dénivelé positif de 5000 mètres et l’ascension de la Grande Motte jusqu’à 3653 mètres d’altitude. Autres courses au programme : le 32 km de l’Altispeed et ses 2500 m de dénivelé positif, le trail jeunes, 1,5 km pour les 7 à 11 ans et 2,5 km 12 à 15 ans, la Montagnarde, randonnée marche de 12.5 km et 1400 m de dénivelé positif.

Le 65 km est retenu comme deuxième étape des Skyrunner World Series catégorie Ultra et troisième étape homme du Salomon Skyrunner France Series. Le 32 km compte pour le classement femme et espoir de ce circuit national.

Christel Dewalle et François D’Haene sont les ambassadeurs de ITT. Ils ont terminé deuxièmes l’année dernière du 65 km derrière Emelie Tina Forsberg et Kilian Jornet.

Christel Dewalle, team Adidas, a décroché le 27 juin la médaille de bronze au Km Vertical des Skyrunning World Championships 2014.

« Mon objectif à Val d’Isère est de me faire autant plaisir que l’an passé et on verra le résultat. Côté forme, j’ai bien récupéré du KV de Chamonix mais ayant souffert d’une hypothermie le 29 juin lors du marathon du Mont-Blanc, je me suis sentie affaiblie pendant deux jours. Grâce au suivi de Jean-Louis Bal, j’ai respecté des jours de repos et fait des randonnées tranquilles pour récupérer et poursuivre mes entraînements. La veille de l’ITT, je participerai aux championnats d’Europe de course de montagne à Gap et je ne sais pas encore si je prendrai le départ de l’ITT ou Altispeed. J’ai une préférence pout l’ITT car ce trail exigeant et montagnard me tient particulièrement à cœur. L’ascension du glacier de la Grande Motte reste indéniablement mon plus beau souvenir en course. Le passage au sommet avec le soleil levant est magique avec la proximité de la haute montagne et le calme qui y règne. Son parcours alpin et sa grande beauté font de l’ITT une course exceptionnelle mais il ne faut pas oublier qu’elle comporte aussi de grandes difficultés. L’altitude est à prendre en compte ainsi que les conditions météorologiques. »

François D’Haene, team Salomon, a pris le 27 juin la deuxième place du 80 km du Mont-Blanc, support des Skyrunning World Championships 2014.

« L’ITT est une course de ma saison que j’apprécie particulièrement. De part sa distance, sa technicité et son environnement elle me procure beaucoup de plaisir et d’intensité. Cette année j’avais aussi à cœur d’être présent au 80 km du championnat du monde à Chamonix. Je vais arriver un peu moins frais qu’en 2013 mais je ferai du mieux que je peux pour jouer avec la tête de course. L’ITT est un parcours assez exigeant de part sa longueur, altitude et dénivelé. Faire plus de 60 km en montagne n’est jamais évident et ce d’autant plus ici avec les nombreuses portions enneigées. La course démarre à 1800 m et se déroule encore plus haut. Nous passons même au sommet de la Grande Motte et au dessus de l’Iseran plusieurs fois à plus de 3000 m. Il faut donc bien s’écouter et voir comment répond son corps avec l’altitude. Comme beaucoup de trails en montagne l’ITT se caractérise par un fort dénivelé positif et négatif. Il faut donc apprendre à s’économiser pour enchaîner au mieux les diverses difficultés. »

Depuis le 80 km du Mont-Blanc, François D’Haene s’est reposé et a fait quelques tests à Chamonix pour Salomon. Ensuite il a travaillé dans ses vignes et terminé le 5 juillet à Font-Romeu, premier ex aequo du 45 km de la Kilian’s Classik avec Tom Owens et Greg Vollet.

L’association Trailers Pays de Savoie est l’organisatrice de l’Ice Trail Tarentaise Mizuno. Son président Laurent Vinner fait le point à quelques jours du départ

«L’édition 2014 se présente bien puisque nous allons jouer à guichets fermés. Le grand parcours est complet depuis janvier et l’Altispeed depuis fin avril. Le caractère engagé du tracé et la traversée du Parc National de la Vanoise nous obligent à limiter le nombre de participants à 1000 concurrents au total. Je ne suis pas surpris par l’engouement des trailers pour l’ITT puisque c’est vraiment une course à part dans le calendrier trail international. Une belle occasion pour l’élite de se réunir et d’en découdre sur un parcours qui met particulièrement en valeur les qualités physiques et mentales des athlètes. Les meilleurs pourront ainsi obtenir un podium de prestige. Pour les coureurs du peloton, c’est la réalisation d’un véritable exploit sportif où le tee-shirt finisher prend tout son sens ! C’est également un défi pour l’organisation. En amont, une semaine de préparation intense avec une équipe d’une vingtaine de personnes est nécessaire pour tracer et équiper le parcours afin de permettre aux coureurs de fouler le sommet de la Grande Motte à 3653 m d’altitude. L’enneigement sur le tracé est sensiblement inférieur à l’année dernière. Techniquement, il n’est pas un frein à sa faisabilité, 70% était enneigé en 2013, mais c’est incontestablement du travail en plus pour l’organisation. Par ailleurs, il est préférable d’avoir un bon enneigement sur le glacier de la Grande Motte pour faciliter l’ascension du sommet. »

Sur le 65 km, on peut citer parmi les grosses pointures annoncées par les organisateurs : Francesca Canepa, Caroline Chaverot, Christel Dewalle, Nuria Dominguez-Azpeleta, Stéphanie Duc, Emelie Forsberg, Azara Garcia, Maud Gobert… Fabien Antolinos, Guillaume Beauxis, Javier Bodas Rodriguez, Marc Casal Mir Fulvio Dapit, Alexandre Daum, François D’Haene, Jordi Bes Ginesta, Luis Alberto Hernando Alzaga, Tom Owens, Pau Bartolo Roca, Vincent Viet, Caine Warburton…

Le plateau du 32 km est également relevé avec par exemple : Séverine Bovéro, Virginie Govignon, Anne Lise Rousset, Aurélia Truel… Yann Alarcon, Stéphane Celle, Sylvain Couchaud, Emmanuel David, Sébastien Hours, Florian Mairy, Mathieu Martinez, Adrien Michaud, Cyril Mulot, Nicolas Pianet, Adrien Piccot, Jérémy Pignard, Michel Rabat, Alexis Traub…

Podium Salomon Skyrunner France Series après deux étapes

Dames
1 Rousset Anne-Lise / Team Land.
2 Benedicto Juliette / Team Salomon.
3 Govignon Virginie / Team Land.

Hommes
1 Lanne Michel / Team Salomon.
2 Martin Nicolas / Team Sygvaris.
3 Perrignon Arnaud / Team Asics.

Espoirs
1 Mouchart Matthias.
2 Michallet Thomas.
3 Bernard Damien.

Crédit photos : www.photossports.com

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Kilian Jornet premier Zegama 2014

Ce dimanche 25 mai dans le pays Basque Espagnol, les meilleurs traileurs mondiaux étaient au départ de la 14ème édition du marathon de Zegama-Aizkorri, étape d’ouverture du Sky Runner World Series. Au parcours très technique s’est ajouté un terrain glissant et boueux, mais il en aurait fallu beaucoup plus pour freiner l’ardeur des traileurs soutenue par un public très nombreux et enthousiaste. Stevie Kremer, team Salomon, a devancé Elisa Desco, et Maite Mayora.

Kilian Jornet, team Salomon, a éclaboussé de son talent ce marathon en le remportant pour la cinquième année consécutive après déjà deux victoires antérieures et en améliorant de presque 6 minutes le record de l’épreuve établi en 2005 par Rob Jebb. En 2013 Kilian avait terminé à 10 secondes du record. Marco De Gasperi, team Scott et Luis Alberto Hernando, team Adidas, complètent le podium.

Michel Lanne, team Salomon, décroche la sixième place.

« J’ai effectué une première partie du parcours à un rythme rapide, afin d’être placé, avant de temporiser un moment et de courir à fond les quinze derniers kilomètres. Je me suis senti très bien physiquement, avec des sensations superbes sur fond d’ambiance de folie qui m’a parfois donné des frissons. A l’arrivée je constate que les quatre premiers ont battu le record, signe évident que le niveau a encore augmenté cette saison. J’ai amélioré de près de 9 minutes mon temps de 2012, année où j’avais pris la quatrième place. Je ne peux qu’être satisfait de mon résultat et d’avoir réussi à boucler la course en moins de 4 heures, un chrono que je n’osais pas imaginer. »

La progression de Michel Lanne est impressionnante : un peu plus de trois ans après avoir débuté en trail, il fait depuis l’an passé partie des grosses pointures internationales.

« Je pense que ma passion de la course à pied et un entraînement assidu font partie de mes atouts. J’ai la chance aussi d’être soutenu par mon épouse et ma famille, de bénéficier d’un super entraîneur : Christophe Malardé et du soutien permanent de Jean-Michel Faure-Vincent, mon team manager. »

Michel Lanne est également heureux de la victoire de Kilian Jornet.

« C’est un coureur hors norme, qui malgré son palmarès exceptionnel reste très accessible et simple. Sa gestion des entraînements et préparation des courses est un modèle. Il est toujours au top lors de ses grands rendez-vous. »

Dans l’immédiat Michel Lanne va essayer de récupérer avant de préparer son prochain gros rendez-vous : le 80 km du Mont-Blanc, le 27 juin à Chamonix, l’une des trois épreuves du Skyrunning World Championships avec le Mont-Blanc Vertical KM et le Mont-Blanc Marathon.

Top 5 et 10 marathon Zegama-Aizkorri 2014

Dames

  1. Stevie Kremer, Etats-Unis, team Salomon, 4 h 46 mn 43 s.
  2. Elisa Desco, Italie, team Scott, 4 h 50 mn 20 s.
  3. Maite Mayora, Espagne, team La Sportiva, 4 h 51 mn 47 s.
  4. Emelie Forsberg, Suède, team Salomon, 4 h 52 mn 12 s.
  5. Kasie Enman, Etats-Unis, team Salomon, 4 h 53 mn 33 s.

Hommes

  1. Kilian Jornet, Espagne, team Salomon, 3 h 48 mn 38 s.
  2. Marco De Gasperi, Italie, team Scott, 3 h 50 mn 38 s.
  3. Luis Alberto Hernando, Espagne, team Adidas, 3 h 50 mn 57 s.
  4. Ionut Zinca, Roumanie, 3 h 53 mn 14 s.
  5. Zaid Ait Malek, Maroc, Buff pro team, 3 h 55 mn 6 s.
  6. Michel Lanne, France, team Salomon, 3 h 57 mn 27 s.
  7. Manuel Merillas, Espagne, 3 h 58 mn 9 s.
  8. Jokin Lizeaga, Espagne, 3 h 59 mn 11 s.
  9. Tadei Pivk, Italie, team Scott, 4 h 28 s.
  10. Aritz Egea, Espagne, 4 h 1 mn 4 s.


Contacts: http://www.zegama-aizkorri.com

Crédit photos : Jordi Saragossa.

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Andy Symonds

Andy Symonds, team Salomon, 1,81 m, 62 kg, FCB / FCM 35 / 185, est né le 28 avril 1981 à Manchester. Ingénieur énergies renouvelables à Eole-Res, il réside à Lagnes dans le Vaucluse et a pratiqué beaucoup de sports à l’école : rugby, squash, cricket, vtt, canoë, escalade, athlétisme…

Andy revient sur ses moments forts course à pied, donne ses préférences trail et évoque les quinze mois un peu difficiles qu’il vient de vivre suite à un problème avec sa cuisse droite.

1993 à décembre 2011 le plaisir de courir

À 9 ans, j’ai suivi en camping car pendant 3 mois mon père sur sa traversée de toutes les montagnes du Royaume-Uni. Un premier aperçu de la vie dehors et de l’aventure. J’ai débuté le cross country à 12 ans à l’école, courant à un niveau régional. A 15 ans j’ai commencé à faire des courses de montagne pour l’Angleterre et un an plus tard j’ai gagné les championnats anglais. Entre 18 et 23 ans, j’ai surtout pratiqué le cross, étant donné qu’il y avait peu de sommets autour de mon université de Bristol. J’ai retrouvé les montagnes en 2002 à l’occasion d’une année Erasmus à Grenoble. Ont suivi : six mois à vélo pour parcourir la longueur du Chili, douze mois en Nouvelle-Zélande, puis 5 ans en Ecosse, où j’ai fait beaucoup de fellrunning et effectué quelques longs week-ends en Italie pour m’amuser sur leurs courses de skyrunning. Depuis 2011 j’habite en Provence et j’ai découvert le trail à la Française, sport qui me plait bien aussi ! Si je devais retenir deux résultats depuis mon arrivée dans l’hexagone ce serait ma victoire au Grand trail des Templiers 2011 et à la National Trail Running Cup Salomon Endurance Mag 2012.

Préférences trail et état d’esprit

Dans le trail j’aime le fait de passer du temps dehors, de découvrir des nouveaux endroits, la nature, de bien respirer, de quasiment toujours rentrer d’une sortie satisfait et avec de nouvelles idées. J’ai une préférence pour les parcours les plus montagneux et les plus techniques. S’il y a un peu d’escalade, des chaines et des cordes tant mieux, mais en même temps j’apprécie de varier mes courses afin de voir de nouvelles choses. Je suis donc ouvert à tester tous les terrains et très content de courir et m’entraîner sur les beaux sentiers rocheux et secs en Provence, même si, avec mes origines dans le nord ouest de l’Angleterre je m’amuse pas mal aussi dans une grosse boue bien humide et glissante. Mais ne pas avoir tous les jours de la boue à enlever des chaussures, c’est pas mal quand même !
Au départ d’une course aujourd’hui je suis plutôt détendu, ce qui n’était pas forcément toujours le cas quand je participais à mes premières compétitions régionales à un jeune âge, j’ai muri depuis ! D’une façon générale je pense que le plaisir est la chose la plus importante dans la vie et qu’il peut venir de pleins de choses. En course à pied c’est le plus souvent des belles sorties ou des réussites en compétition. Pour atteindre ses objectifs et gagner des courses, il faut d’abord vraiment le vouloir et en même temps rester tranquille avec soi-même, c’est à dire bien gérer l’équilibre entre plaisir et compétition.

Janvier 2013 mai 2014 une période plus difficile

Début 2013 j’ai commencé à sentir une faiblesse à la jambe droite. Les symptômes sont bizarres ! Je n’ai aucune douleur, j’ai simplement les quadriceps de la cuisse droite qui contractent trop, des tensions et ensuite une fatigue et lourdeur de cette jambe. C’est un peu comme si quelqu’un appuie dessus quand je cours. Au début je devais courir une heure pour réveiller ces symptômes, mais progressivement je les ai ressentis de plus en plus tôt et actuellement ils sont quasi immédiats.
Depuis 15 mois, j’ai toujours le même problème et toujours pas de solution ni de certitude sur son origine. J’ai consulté beaucoup de médecins, kinés, ostéos, spécialistes et à ce jour personne n’a pu m’aider. Il a été longtemps pensé que j’avais un problème vasculaire et que l’artère iliaque était comprimée et ne fournissait pas assez de sang aux muscles des quadriceps. De nombreux examens ont écarté à 99% ce diagnostic. Aujourd’hui on suppose qu’il s’agit d’un nerf coincé, au niveau de ses racines dans le dos, cependant je n’ai aucun problème apparent avec mon dos et les scanners n’exposent pas de problème majeur à ce niveau non plus. Je viens de faire deux infiltrations lombaires avec comme but de décoincer ce nerf, sans résultat trop positif. Il semblerait que le problème neurologique soit ailleurs, mais pour trouver l’endroit où le nerf pourrait être pincé ce n’est malheureusement pas évident. Pas un cas médical trop commun apparemment ! Bref, je n’en suis pas encore sorti de cette galère !

En manque de trail

Cette période sans course n’a pas été toujours facile. Ce n’est pas la compétition qui me manque le plus, c’est la simple action de courir librement sur les trails que je regrette de ne plus pouvoir pratiquer. Certes, je peux toujours aller courir ou faire un peu de vélo, mais ce n’est pas pareil quand une jambe a la grosse pêche et que l’autre refuse de rebondir normalement. C’est cette heure de « yoga quotidien » qui me manque. Mes entraînements étaient mon temps de réflexion, de paix, de silence. Toutes mes bonnes idées viennent quand je cours.
J’aurais préféré me casser une jambe afin d’au moins savoir quoi faire et connaitre le délai pour récupérer. C’est aussi difficile par exemple d’expliquer à mon fils qui m’a vu tant courir que je n’y arrive plus, mais que je ne sais pas pourquoi. Mais heureusement il est là pour m’encourager à faire des balades à vélo. Il est souvent plus motivé que moi, surtout quand il pleut !

Optimiste pour l’avenir

Ceci dit, je ne me plains pas tous les jours, ce ne serait pas utile. Je reconnais très bien qu’il y a beaucoup plus grave. J’ai plein de bonnes choses dans ma vie, j’en suis conscient et reconnaissant. C’est toujours possible de relativiser et par conséquence de voir le coté positif. Une jambe qui coince ne va normalement pas me tuer, donc il faut que je profite du reste de ma vie. J’ai passé plus de temps avec mes enfants les dimanches matins, davantage dessiné et cuisiné. Ma famille et de nombreux amis me soutiennent pendant cette période un peu frustrante. Avec mon épouse nous nous sommes récemment lancés dans un projet de construction d’une nouvelle maison, ce qui m’occupe bien ! J’ai aussi un travail motivant dans une entreprise sur les énergies du futur. Bref je ne m’ennuie pas du tout. J’ai réussi à m’adapter à vivre sans la course à pied, dans la mesure où cela ne dure pas trop longtemps ! Sur ce point, je suis aussi très optimiste : mon handicap va partir j’en suis sûr, et ce jour là j’aurai accumulé une bonne réserve d’énergie et la motivation pour courir à nouveau partout en montagne !

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Crédit photos Robert Goin

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Michel Lanne Team Salomon

Michel Lanne, team Salomon, 29 ans, 1,84 m, 67 km, FCB / FCM 40 / 190 environ, est né à Tarbes et réside à Briançon. A quelques jours du marathon de Zegama-Aizkorri, son prochain gros objectif après le trail du Ventoux, il s’est livré au jeu des questions réponses.

Avant le trail as-tu fait d’autres sports ?

J’ai toujours pratiqué assidûment les sports de montagne : alpinisme, ski de randonnée, ski alpin, escalade, cascade de glace…

Quelle raisons expliquent ton choix du trail ?

Le trail est une passion qui m’est venue quasiment du jour au lendemain en fin d’année 2010. Avant cette date, je n’aimais vraiment pas courir, je devais faire un ou deux footing par an ! En fait, j’ai fait le pari avec mon père de m’engager dans un ultra trail en 2011. Au fil de ma préparation pour relever ce défi, j’ai pris de plus en plus de plaisir à courir et découvert une autre façon d’évoluer en montagne. Dès lors, je n’ai plus cessé de courir et m’entraîner !

Qu’est ce qui te plait dans cette discipline ?

En courant en montagne, loin de tout, j’ai l’impression de découvrir cet univers qui me plait tant sous un nouvel angle à chaque fois et en couvrant un espace vraiment large. Le plaisir est sans limite.

Quelle a été ta première course de trail ?

C’était le Via Lattea trail en Italie, en décembre 2010. Cela faisait un ou deux mois que j’avais commencé à courir ! Je voulais savoir si j’avais la caisse ou si la course à pied en compétition n’était pas pour moi ! A ma grande surprise, j’ai remporté ce 30 km sur neige.

Quelles disciplines du trail running préfères-tu ?

Jusqu’à la saison dernière, je préférais les trails bien techniques et plutôt longs. En 2013, je me suis également fait plaisir sur des tracés beaucoup plus roulants, moins techniques. En fait, j’aime un peu tout, du moment que les parcours proposés sont beaux et me procurent du plaisir à courir !

Dans quel état d’esprit abordes-tu une course ?

Je ne suis pas vraiment stressé avant une course, ça c’est sûr ! D’ailleurs, il m’est déjà arrivé à plusieurs reprises de manquer le départ. Mais une chose est certaine, je ne peux pas faire une course sans chercher à me dépasser et je l’aborde toujours avec l’envie de tout donner. En fait, je suis heureux à chaque fois que je prends le départ, tout simplement parce que je me dis que j’ai de la chance d’être en bonne santé et de pouvoir faire ce sport.

Pour toi le plus important c’est le plaisir de découvrir de nouveaux paysages ou l’esprit de compétition ?

Je pense que j’ai besoin des deux. Le plaisir de courir en montagne est très important, voire primordial, c’est mon moteur, c’est ce qui me pousse à m’entraîner toujours plus dur. La compétition est comme un bilan pour moi et un peu ma récompense. Elle me permet de savoir si les heures passées à courir en montagne portent leur fruits. Quand le résultat est au rendez-vous, c’est une motivation supplémentaire pour repartir s’entraîner plus fort.

Quel est ton meilleur souvenir ?

Gagner le 80 km du Mont-Blanc avec François en 2013. C’était nouveau pour moi de partager une victoire. Mais cette émotion était vraiment très forte !

Quelle a été ta plus grande joie ?

La naissance de ma fille.

Quelle a été ta plus grande déception ou plus grande souffrance ?

Je me souviens de mon abandon au Grand Raid de la Réunion 2012. J’avais vraiment à cœur de réussir cette course, j’étais vraiment bien préparé, mais un virus m’a stoppé dans mon élan. J’avais tout donné, à la limite de ce que je pouvais supporter. Je me souviens avoir énormément souffert avant d’abandonner et d’être évacué en hélico. Avec du recul, je dois dire que par la suite cet échec m’a beaucoup servi.

Quelle a été ta plus grande rencontre sur le plan humain ?

Le trail m’a permis de rencontrer de très belles personnes. Je pense à mon entraîneur, mon manager et mes copains du team Salomon. J’ai la chance de pouvoir m’entourer de ces personnes qui comptent beaucoup pour moi, qui m’ont beaucoup apporté et qui sont devenues des amis proches. Sur le plans humain et sportif, ce sont des personnes formidables.

Quelle est ta course préférée ?

Le marathon de Zegama, dans le Pays Basque Espagnol. Pour moi, cette course réunit tout ce qui me fait vibrer dans le trail : une ambiance hallucinante, un parcours superbe et technique, sans oublier la ferveur inégalable du public basque et des organisateurs, tout au long des 42 km du parcours. La bagarre est vraiment intense. Une seconde, c’est une seconde ! Les écarts sont très faibles et la gestion de course particulièrement délicate parce qu’on est toujours à bloc.

A quelle course aimerais-tu participer ?

Le Serre Che Trail Salomon. Mais comme c’est moi qui l’organise, je ne courrai sûrement jamais ce trail. C’est dommage, le parcours est magnifique, un peu la course de mes rêves en fait !

COMPTE RENDU 2013

Quels étaient tes objectifs de la saison 2013 ? Es-tu satisfait de celle-ci ?

J’ai du mal à hiérarchiser les trails auxquels je participe. En fait, j’ai envie de tous les réussir. Mais si je devais repenser à mes quatre plus belles courses de 2013, ce serait le trail du Ventoux (2ème), le 80 km du Mont-Blanc (1er), le championnat de France à GAP (3ème) et les Templiers (3ème). Je suis assez satisfait de ces résultats, mais il faut toujours se dire qu’on peut mieux faire !

CALENDRIER 2014

Quels sont tes objectifs pour cette année ?

Mon calendrier 2014 n’est pas très différent de celui de l’an passé. Mes gros objectifs à venir sont le marathon de Zegama, skyrunning, le 80 km du Mont-Blanc, championnat du monde skyrunning, le Matterhorn Ultraks, skyrunning et les Templiers.

ENTRAINEMENT

Quelle est ta fréquence d’entraînement, et leur organisation par rapport à ton activité professionnelle ?

Je m’entraîne entre cinq et six jours par semaine. J’exerce le métier de gendarme secouriste en montagne durant toute l’année et à temps plein. C’est donc assez délicat de jongler entre les permanences qui demandent une disponibilité immédiate pour porter secours aux personnes et mes entraînements. J’ai aussi des jours d’entraînement dans mon temps de travail, qui me permettent de pratiquer le trail ou le ski de randonnée avec mes collègues et copains. C’est juste une question d’organisation, avec un gros soupçon de volonté !

Sais-tu combien d’heures, kilomètres, dénivelés cela représente par an ?

Je ne sais pas trop. Il faudrait que je fasse le total avec ma montre Suunto. Mon cerveau, c’est elle !

Est ce que tu préfères t’entraîner seul ou à plusieurs ?

Je m’entraîne seul ou avec mes amis et copains du PGHM. Bon, pour certaines séances très spécifiques, j’avoue que j’ai du mal à les convaincre de m’accompagner, mais sinon, j’aime bien m’entraîner à plusieurs. Quand on a la chance d’être en montagne, c’est quand même beaucoup plus sympa de pouvoir partager ces moments avec ceux qu’on aime. Cela donne encore plus de profondeur à ce qu’on fait.

As-tu un conseiller sportif et un entraîneur ?

Depuis 2012, c’est Christophe Malardé qui m’entraîne. On se connaît très bien, je l’apprécie énormément et je lui fais entièrement confiance. J’aime sa vision du trail, sa façon d’être et de travailler. J’ai énormément appris à ses côtés et beaucoup progressé également. Son suivi est très précis, il ne laisse pas de place au hasard. C’est aussi ça que j’aime. Jean-Michel Faure-Vincent, mon team manager, m’aide aussi énormément et me conseille beaucoup dans plein de domaines. Ce sont un peu mes piliers et humainement, ce sont des mecs en or.

Comment restes-tu motivé ?

Beaucoup de facteurs entretiennent ma motivation. Le fait d’être en montagne suffit souvent à me pousser à m’entraîner dur. Je varie souvent mes parcours et j’aime bien découvrir de nouveaux espaces avec des copains. La compétition est un excellent moteur pour moi. J’en ai besoin et je prends plaisir à me donner à fond en course. Quand les résultats suivent, c’est la meilleure motivation que je puisse trouver.

DIVERS

Que fais-tu de ton temps libre ?

Le temps libre, c’est quoi déjà ? Si je ne suis pas en montagne ou en train de courir, ma seule priorité est de passer tout le reste de mon temps avec ma femme et ma petite fille. C’est là mon équilibre.

Quel coureur admires-tu le plus ?

Il y en a beaucoup, Kilian en fait partie. Ce qui me fait plaisir, c’est de me confronter à eux quelques fois. Cela me pousse à me surpasser et on rêve tous de côtoyer nos idoles.

Quel autre champion, tous sports confondus admires-tu ?

Je suis fan de Martin Fourcade, le Pyrénéen champion du monde et olympique de biathlon. Ses victoires, son état d’esprit, sa force mentale et son acharnement à l’entraînement m’inspirent beaucoup. Là, c’est peut-être mon cœur Pyrénéen qui parle !

Que penses-tu de l’explosion du trail ?

C’est une excellente chose et c’est vraiment intéressant de chercher à comprendre ses raisons. Je pense que le trail est l’un des sports le plus difficile et exigeant, mais c’est précisément ce que nous recherchons. C’est dans cette difficulté que nous apprenons beaucoup sur nous-mêmes, que nous relevons des défis que nous pensions insurmontables. Et au final, c’est une satisfaction immense que nous procure le trail. Je pense que c’est un peu grâce à cela qu’il devient si populaire. En même temps, il permet à bon nombre de pratiquants de découvrir la montagne ou la nature, de mieux la comprendre et la respecter. Ce merveilleux terrain de jeu séduit de plus en plus d’adeptes et c’est très bien.

Quel est d’après toi son avenir ?

J’espère que son avenir sera radieux et que son côté populaire ne changera jamais. Je pense aussi qu’il faut laisser le trail se développer, gagner en maturité. Certes, il est nécessaire de bien cadrer notre pratique, pour éviter tout ce qui peut lui nuire. Mais faisons-nous confiance, car c’est bien le traileur qui fait le trail et pas l’inverse. Je veux dire que ce sont les coureurs eux-mêmes qui doivent faire vivre le trail, et qui doivent être respectés en premier lieu.

Pour le grand public le trail est une discipline nébuleuse : différentes fédérations, championnats, challenges, disciplines. Penses-tu qu’il faille changer cette organisation ?
Les multiples fédérations ont chacune une part de légitimité dans le milieu du trail dans le sens où elles proposent des courses et elles attirent un certain public. Chacun peut trouver son bonheur au sein de telle ou telle fédération, ou dans telle ou telle discipline. Cela dit, l’univers du trail est assez compliqué à cerner avec l’apparition de nouvelles fédérations qui veulent s’imposer au détriment d’une autre. Le trail gagnerait en valeur si tout cela se clarifiait un peu, pour le public et pour le coureur. Peut-être que certaines fédérations auraient intérêt à travailler de concert avec d’autres, pour gagner en crédibilité, en clarté et en valeur.

As-tu peur qu’une fédération modifie les règles de course et l’état d’esprit du trail dans l’avenir ?

Oui, j’en ai peur. Ce serait regrettable que l’esprit du trail soit abîmé par une fédération ou par quelques règles de course peu cohérentes avec notre pratique actuelle. Je pense qu’il faut faire attention à ne pas bafouer l’intérêt des coureurs et du trail lui-même au travers de règles plus ou moins judicieuses et pertinentes. C’est d’abord aux traileurs de donner leur avis et aux fédérations de discuter avec eux pour créer quelque chose de cohérent, qui évoluerait dans le bon sens.

Quels conseils donnerais-tu à un traileur ?

Le trail est un sport magnifique, c’est un univers superbe dans lequel on peut trouver son bonheur et se faire plaisir sans avoir besoin de beaucoup d’artifices. C’est un sport difficile mais tellement beau, grâce au cadre dans lequel on évolue. Le conseil que je peux donner est de toujours écouter son corps et ne pas jouer avec sa santé. C’est le plus important si on veut profiter longtemps de courir en montagne.

Si tu étais une montagne, tu serais ?

Le Balaïtous, un superbe sommet dans mes Pyrénées qui ne se laisse pas gravir si facilement et offre une vue sublime de son point culminant.

Si tu étais un chemin, tu serais ?

Un petit sentier monotrace qui procure du plaisir et des sensations, tracé sur une arête rocheuse, bien raide, avec le vide de part et d’autre et un peu de neige pour corser le tout !

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Crédit photos Damien Rosso www.droz-photo.com

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Thibaut Baronian

Thibaut Baronian, team Salomon, 25 ans, 1,74 m, 62 kg, est né à Ambilly et réside à Besançon où il exerce son métier de kinésithérapeute. Licencié au ski club nordique du Pays Rochois et membre du comité régional Mont-Blanc pendant plusieurs années, il a également fait partie de l’équipe de France junior. L’hiver, il rechausse régulièrement ses skis de fond et l’été il roule à vélo sur route et pratique aussi un peu le ski roues et le badminton. Profitant d’un moment de récupération après sa course victorieuse en Bretagne, il nous invite à un tour d’horizon trail, entraînement et temps libre.

Découverte du trail

La course à pied faisait partie de ma préparation de skieur de fond et j’aimais déjà beaucoup courir à l’entraînement. Quand j’ai arrêté le ski pour mes études, c’est la seule chose que j’ai vraiment continué à faire au niveau sportif. Quand j’ai eu un peu plus de temps, j’ai découvert le trail à Besançon. J’apprécie le rapport qu’il offre avec la nature, sa simplicité, la liberté et le plaisir de partager avec les amis. Ma première course remonte à 2010 avec une deuxième place surprise sur le 18 km du Rêverot’trail, chez mon ami Sébastien, à Pierrefontaine-les-Varans. Mon meilleur souvenir à ce jour reste l’arrivée du marathon du Mont-Blanc 2012, avec la foule en délire comme sur le Tour de France.

Préférences

Je préfère les course type maratrail, plutôt montagnardes mais restant assez roulantes. Je pense être davantage fort sur des distances entre 40 et 50 km. J’apprécie les conditions un peu difficiles : pluie, boue… un peu comme quand les qualités de neige et la météo étaient difficile sur les courses de ski. En revanche, j’ai du mal avec les grosses chaleurs. J’aime beaucoup courir à Besançon, sur le trail des Forts. La grande course des Templiers cette année a été aussi un grand moment avec les magnifiques Causses. Dans l’avenir j’aimerais aussi participer au marathon de Zegama à la Transvulcania et CCC.

État esprit

J’aborde toujours une course sereinement et avec le sourire, heureux de retrouver les amis et de partager de bons moments. Tout en étant détendu le plus possible, j’essaie néanmoins de rester concentré. J’aime la compétition et la performance, mais prends également beaucoup de plaisir en admirant les paysages, les chemins, les villages traversés. C’est vraiment agréable, par exemple de se donner dans l’effort en regardant le Mont-Blanc.
Comme tous les traileurs je suis à la merci d’un jour sans au niveau de la condition physique. Chose la plus souvent difficile à contrôler ou prévoir ! Je sais que je peux compter sur mes qualités de grimpeur, ma détermination et mon mental en course. Mes points faibles restent les longues descentes et… la bière ! Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ! En cas d’échec, je relativise et je sais qu’il va me servir à me construire et me faire avancer et progresser.

Thibaut Baronian

Saison 2013

Mes objectifs étaient de bien figurer sur les manches de la National Trail Running Cup Salomon Endurance Mag et de jouer le classement général. Je suis très satisfait puisque je la remporte en réussissant de belles courses. Ma régularité tout au long de la saison a payé. J’ai été en revanche déçu par ma prestation sur le Grand Raid des Pyrénées. Après ma chute au km 30, j’ai souffert de crampes et du choc sur mon genou et j’ai été contraint d’abandonner à quelques kilomètres de l’arrivée.

Actualité et objectifs 2014

Ce dimanche 4 mai à Hennebont j’étais engagé sur le Wings for Life World Run. J’ai simultanément découvert un nouveau concept qui m’a séduit, participé victorieusement à ma première course sur route et couru pour une noble cause avec les encouragement d’un public nombreux et chaleureux. Je ne peux qu’être très satisfait ! Cette course à pied organisée simultanément dans 34 lieux de 32 pays différents avait une ligne d’arrivée mobile. L’intégralité des frais d’inscriptions a été versée à la fondation Wings for Life pour faire avancer la recherche d’un traitement des lésions de la moelle épinière. Chaque coureur, était muni d’une balise désactivée, avec la mesure de la distance parcourue au moment où il était dépassé par la voiture balai partie 30 mn après à 15 km/heure et qui a augmenté sa vitesse au fil des heures jusqu’à rattraper le dernier concurrent. Dernier à être rejoint j’ai pu effectuer 59,35 km en 4 heures 4 minutes. Au kilomètre 28 j’étais en tête avec David Pasquio et nous sommes restés ensemble jusqu’au 40ème kilomètre. David a alors accéléré et m’a distancé mais je savais que je pouvais revenir et l’ai repris et dépassé définitivement à partir du 50ème kilomètre.
Je serai présent sur les étapes du Mont-Blanc et de Serre Chevalier du circuit Salomon Skyrunner France Series 2014. J’espère me rapprocher encore un peu des meilleurs et pourquoi pas monter sur le podium de l’une d’elle. Autre objectif les Templiers en fin d’année.

Regard sur le trail

L’explosion du trail est une bonne chose. J’espère qu’elle va durer et que ce sport entre dans les « mœurs » comme le vélo ou d’autres disciplines d’endurance. Je crois que la France est déjà remplie au niveau trail, on a de tout, partout. Attention tout de même à ne pas jouer à la surenchère mais plutôt proposer de la qualité aux coureurs. Fédérer la discipline au niveau national pour une meilleure structuration serait à mon avis avantageux. Je ne pense pas que l’esprit change si les calendriers restent différents. Je crois que tous les sports rêvent d’être olympiques et le trail ne fait pas exception. Les J.O C’est le Graal ! La médiatisation apporterait beaucoup, en permettant notamment au grand public de découvrir encore mieux notre sport.
On veut faire connaitre le trail, le développer, donc gagner en médiatisation. Dans quel sport médiatique n’y a-t-il pas d’argent en jeu ? Aucun je pense. Je ne suis pas contre les primes, si elles ne changent pas l’esprit des gens et ne provoquent pas de dérives.
Si j’avais un conseil à donner à un traileur je lui dirais de ne pas faire trop de courses, de ne pas de brûler les étapes et prendre son temps pour progresser. On voit trop de gens se lancer sur des grandes courses après un an d’expérience et se faire beaucoup trop mal. Il faut arrêter de faire la course au kilomètre !

Entraînement

Mon entraîneur est Mister Christophe Malardé, avec qui j’aime beaucoup collaborer. J’ai consacré mon hiver au travail de vitesse, à pied et j’ai fait moins de ski que les années précédentes. Je m’entraîne en moyenne 6 fois par semaine. J’ai trouvé un rythme qui me convient bien. J’ai réussi à me libérer des demi-journées et effectué du travail de qualité sans trop de fatigue. C’est l’avantage d’avoir une profession libérale, je peux adapter mon emploi du temps avec mon entraînement.
Le contenu est variable, suivant les jours, la saison et la course que je prépare, mais en moyenne j’ai toujours dans une semaine, deux VMA et une sortie longue. Le reste peut varier entre footing, PPG, allure course. Selon Movescount, en 2013, j’ai parcouru environ 4400 km, dont 2600 à pied, sur 370 heures dont 300 à pied et 125 km de dénivelé positif dont 100 km à pied.
Cela ne me dérange pas de m’entraîner seul sur les séances spécifiques. En revanche, sur les sorties plus longues en endurance, j’apprécie aussi de partager la séance avec les copains. Ici à Besançon, nous n’avons pas de grosse montagne, alors on fait avec nos collines. J’ai un petit tour sympa d’une douzaine de kilomètres avec 400 m de dénivelé positif que j’aime bien faire en footing. Il alterne city trail, singles, forêt, avec de supers points de vues sur la ville. Penser aux futures courses me motive beaucoup.!

Temps libre, loisirs, passions, regard sur sportifs

Comme tous les jeunes de 25 ans Je profite de mes amis, de mes proches, de la vie quoi. Y’a pas que le trail ! J’aime beaucoup écouter de la musique, sortir entre copains pour un verre, un bowling, un ciné. L’hiver, je pourrais passer ma journée devant Eurosport et regarder toutes les épreuves de ski… après m’être entraîné bien sûr !
Je n’ai pas réellement de musiques préférées. Leur style varie en fonction de ce que je découvre, de mon humeur. Petit faible pour Stromae en ce moment. J’écoute de la musique en courant, mais pas pendant les séances de qualité, de spécifiques. Le traileur que j’admire le plus est François D’Haene. Côté champions toutes disciplines, ma préférence va à Roger Federer pour son talent, sa simplicité et sa générosité. J’apprécie aussi beaucoup tous mes amis du team Endurance Shop à Besançon, avec qui nous passons et partageons de beaux moments à l’entraînement et sur les courses.


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Crédit photos JMK Consult et Red Bull Media House.

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Francois-D'Haene

François D’Haene dispute le 25 avril au Japon le 168 km et 9500 m de dénivelé positif de l’Ultra Trail du Mont-Fuji, étape de l’Ultra Trail World Tour. Côté Français sont également annoncés : Nathalie Mauclair, Sébastien Chaigneau, Vincent Delebarre, François Faivre, Emmanuel Gault, Antoine Guillon, Christophe Le Saux, Thomas Lorblanchet…

Avant son premier gros rendez-vous 2014, François D’Haene parle de cette aventure sportive au Pays du Soleil Levant, de sa passion du trail, de son bilan 2013 et de sa saison en cours.

François D’Haene, team Salomon, 28 ans, 1,92 m, 80 kg, est né à Lille. Masseur kinésithérapeute et exploitant viticole, il partage sa vie entre les montagnes des Alpes et le Beaujolais où se trouvent ses vignes au domaine du Germain. Il a pratiqué longtemps l’athlétisme et plus particulièrement le cross country tout en accordant une grande importance aux activités extérieures en montagne telles que le vélo, le ski alpin, randonnée et fond, le canyoning et l’alpinisme… En dehors du trail il s’adonne toujours aux sports outdoor montagne été et hiver.

Retrouvailles avec le Japon

J’ai déjà couru au Japon en novembre 2010 sur le 40 km du Kanna Mountain que j’avais remporté. J’y retourne avec plaisir. Je vais donner le maximum sur l’UTMF pour jouer avec les adversaires et essayer de rester au contact de la tête de course le plus longtemps possible ! Ce ne sera pas chose facile, le plateau international annoncé est très relevé. Je pars un peu dans l’inconnu, c’est la première fois que je m’engage sur une si longue distance aussi tôt dans l’année et avec aussi peu de sorties longues en courant. J’espère que la fraîcheur et l’enthousiasme combinés avec l’expérience que je commence à avoir de mon corps et en ultra trail, me suffiront pour prendre du plaisir sur les pentes du Mont-Fuji !
Je pense être en bonne forme, après un très bel hiver où je suis monté progressivement en puissance. Depuis la fin mars, j’ai repris sérieusement le trail avec un peu de ski de randonnée quand l’appel de la neige s’est fait trop fort et des belles sorties dans le Mercantour et le Beaujolais. Le 13 avril, pour achever ma préparation, j’ai pris le départ du 62 km du Beaujolais villages Trail. Ce fut une très belle course que j’ai remporté en essayant de ne pas griller toutes mes cartouches !

Découverte du trail

J’ai éprouvé une envie grandissante de m’échapper des compétitions trop structurées que je faisais en athlétisme. Je me suis naturellement tourné vers le trail running qui me semblait être le moyen le plus simple d’être en adéquation avec mes besoins de liberté en montagne, de plaisir et de compétitivité. Le trail running m’offre la possibilité de vivre et partager ma passion tout en restant moi même et en conservant ma vie sociale et mon hygiène de vie. Le premier grand trail auquel j’ai participé a été le tour des glaciers de la Vanoise, une victoire qui reste un très beau souvenir.

Préférences

J’aime bien l’ultra trail pour tout ce qu’il implique en termes de gestion, mais je suis assez ouvert à des distances variées. L’essentiel est de ne pas trop m’éloigner de la montagne ! Plus l’environnement est difficile et plus je suis motivé. J’apprécie les chemins tortueux, rarement plats, tantôt en herbe, en sable, en forêt ou en pierrier, parfois en neige, sec ou boueux mais toujours étroits.
Ce qui me paraît le plus important c’est que le trail reste en adéquation avec l’endroit où il se trouve c’est-à-dire qu’il y ait une certaine logique dans la création de l’épreuve. Les organisateurs doivent nous faire partager un parcours qu’ils apprécient. Je ne pense pas qu’il puisse juste être mis en place pour un trail et par exemple composé artificiellement de boucles. Nous devons faire attention à préserver l’éthique et l’essence du trail. Continuer à partager tous le même départ et la même course et l’un des points importants.

État esprit, atouts

Lorsque j’aborde une course, l’envie et l’excitation viennent autant de mon besoin de découvrir de nouveaux paysages et sentiers que de celui de me confronter aux autres et à leurs stratégies. Sur un ultra il faut parfois ne pas regarder les concurrents et se concentrer sur soi et ses sensations, alors que sur des courses plus courtes on ne peut pas se permettre de ne pas tenir compte des autres. La chose principale me semble être d’avoir envie d’être au départ, de trouver du plaisir durant la course et dans la période de préparation de celle-ci. Dans ce cas seulement elle se passera bien…
Il est toujours difficile de se juger, mais je pense que j’arrive bien à gérer les courses assez longues en terrain montagneux et me sens un peu avantagé par rapport aux autres au bout de 4 à 5 heures. Mes points forts sont je pense le fait d’être un coureur assez homogène en montée, descente, plat, longue distance, endurance, vitesse et mon envie de me confronter aux éléments naturels et à la montagne.

François d'Haene

Saison 2013 et 2014

J’avais scindé ma saison 2013 en deux. Une première partie avec des voyages magnifiques au Chili, Nouvelle-Zélande, Etats-Unis, une sixième place à la Transvulcania, une victoire au 80 km du Mont-Blanc partagée avec Michel Lanne et une deuxième place à l’Ice trail tarentaise. Une belle entame de saison même si on rêve toujours de mieux !
Mes priorités ensuite étaient le Grand Raid de la Réunion que je remporte et le TNF 50 de San Francisco, mais malheureusement je me suis blessé 3 jours avant.
En somme une grande année pour moi avec beaucoup de plaisir et de joies, quelques regrets mais qui seront source de motivation pour plus tard… à refaire !
Cette année, après l’Ultra trail du Mont Fuji, je serai au départ des championnats du monde sur le 80 km du Mont-Blanc puis de l’Ice trail Tarentaise. Si ma récupération se passe bien j’envisage ensuite d’essayer d’enchaîner l’Ultra trail du Mont-Blanc et le Grand raid de la Réunion, ce qui représentera mon gros challenge annuel. Il me restera alors je l’espère à venger mes regrets sur le TNF 50 à San Francisco.

Entraînement

Je m’entraîne 4 à 8 fois par semaine selon la durée et l’intensité. Je dois aussi jongler avec mon travail dans la vigne. Certaines journées sont très physiques et me fatiguent beaucoup. Elles prennent alors la place d’un ou plusieurs entraînements.
Selon la distance de la course à préparer et mes besoins, je privilégie un type d’entraînement ou filière sur laquelle travailler. J’essaye aussi de varier en faisant d’autres sports, mais ce que je préfère ce sont les sorties longues dans un secteur ou un massif où je pars en allant où je veux et le temps que je veux!
M’entraîner à plusieurs me plaît beaucoup mais ça n’est pas toujours évident de trouver quelqu’un pour aller courir 6 heures. En conséquence, je me suis habitué à courir souvent seul. J’ai un conseiller entraîneur qui est Christophe Malardé. On essaie de définir nos grandes lignes de conduite et je parle aussi de ma planification avec pas mal d’autres personnes : mon ancien entraîneur, mon team manager Jean-Michel Faure-Vincent et mes amis.

Joie, déception, échecs

Premier trail, différentes victoires, UTMB, Grand Raid de la Réunion ? Il m’est trop difficile de faire des choix entre des tas de moments de bonheur qui ont tous leur place dans ma mémoire.
Les blessures qui m’empêchent de courir ou encore pire de faire du sport sont mes plus grosses galères, déceptions et souffrances… Quand on ne comprend pas ou qu’on n’arrive pas à se sortir d’une blessure, il est très dur de retrouver ce plaisir et ces sensations qui nous permettent d’être nous même et de se sentir bien socialement. Le sport tient une place très importante dans ma vie et son absence déteint forcément sur mon humeur.
Avec le temps on apprend à mieux gérer un échec, à ne plus focaliser une saison sur un seul évènement et surtout à relativiser, à regarder autour et derrière soi mais cela reste très dur et demande toujours un petit temps pour arriver à rebondir vraiment. Il est parfois facile de faire face devant les gens, mais intérieurement cela prend souvent beaucoup de temps.

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Crédit photos Damien Rosso www.droz-photo.com

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Le Stade Marseillais Université Club organise la première édition des 2000 Marches-le Trail Marseillais, le dimanche 22 Juin 2014. Cette épreuve atypique dans la région sera ouverte à tous les niveaux.

« C’est avec une équipe de pilotage, constituée de salariés et de bénévoles du club, que le SMUC souhaite dynamiser la course à pied à Marseille » déclare le chef de projet Michel Peiffer qui dirige également la Corrida du Vieux-Port.

A travers ce nouveau concept, il s’agit de faire découvrir les voies « off » de la cité phocéenne afin de mettre en valeur ses lieux insolites. Les traileurs peuvent déjà s’inscrire sur le site internet de KMS. Deux épreuves sont proposées : en solitaire ou en duo. 800 participants sont attendus pour cette première édition. Le départ aura lieu à 8 heures 30 sur les plages de l’Escale Borély.

« L’avènement des compétitions de trail en ville, constate Jean-Michel Faure-Vincent, manager team Salomon trail, est un véritable phénomène de société, qui dépasse le cadre du sport et de la recherche de performance. Sur ce style de compétition, les participants viennent pour plusieurs raisons : concourir, participer, ou simplement pour découvrir une ville sous un autre angle. Rajouter à cela, une ambiance conviviale, la mise en avant des points forts de la ville et d’une région et on arrive rapidement à une grande fête de la course à pied. »

Le Trail Marseillais propose un parcours de treize kilomètres avec au programme les ascensions du Roucas-Blanc, de la colline Périer et de Notre-Dame de la Garde. Cela ne représente pas moins de 2000 marches à gravir et 370 mètres de dénivelé positif pour les coureurs.

De nombreux lots sont prévus. Des zones de ravitaillement vont être mises à disposition des participants à Notre-Dame de la Garde à mi-course et juste après la ligne d’arrivée, avenue Pierre Mendès France. Le buffet sentira bon Marseille et la Provence.

Le Stade Marseillais Université Club est une association sportive crée en 1923 et présente à ce jour 15 sections sportives et 5500 membres à son actif.

Site internet : http://les2000marches.com/

Twitter : #2000marches

Inscription aux 2000 marches

Crédit photos : Jean-Pierre Camm

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Yann Alarcon

Dimanche 13 avril le 36 km de la septième édition du Lyon Urban Trail a été marqué par la domination chez les dames de Zhanna Vokueva, team Salomon. La Russe précède sur la ligne d’arrivée Jennifer Lemoine de près de 13 mn. Hélène Pielberg complète le podium.

« Je suis très contente de ma victoire, affirme Zhanna. Les conditions de course étaient idéales. J’ai pu être en tête du début à la fin et gérer mes efforts afin de ménager ma hanche un peu douloureuse. En 2013 lors de ma deuxième place, j’avais beaucoup apprécié le parcours et j’ai eu envie de revenir cette année afin de revivre cette expérience de course et de compléter ma visite de Lyon. »

Côté hommes, Sébastien Spehler, team Adidas, a confirmé son énorme talent et polyvalence en devançant Dimitris Theodorakakos, team Salomon et Jonathan Duhail, Accrorun. Victime de crampes, Thibaut Baronian se classe quatrième après avoir été doublé dans les derniers décamètres.

« Une première expérience et une belle victoire, savoure Sébastien. Longtemps échappés à 3, nous avons avec Dimitris distancé Thibaut à partir du 20ème kilomètre. Avant de céder progressivement du terrain, Dimitris m’a imposé des changements d’allure, mais j’ai pu chaque fois lui répondre. Parti ensuite seul, j’ai maintenu le même rythme. Remporter le Lyon Urban Trail me tenait à cœur. Ce résultat, ajouté à ma première place au trail du Ventoux, valide ma préparation. Par rapport à mes trails habituels la grosse différence est d’avoir monté et descendu 6000 escaliers. Pas évident de les descendre : impossible de dérouler des foulées, il faut bien placer ses pieds et rester concentré. A la montée c’est plus facile. Autre surprise la vitesse très rapide sur le plat facilitée par des sols davantage durs et réactifs. Le concept de ce trail m’a plu. L’opportunité aussi de découvrir Lyon, d’apprécier ses parcs et rues et de remonter le temps à travers ses monuments. »

Sur le 23 km Christel Dewalle, team Adidas, grimpe sur la plus haute marche du podium. Marjorie Moron et Caroline Lafaye, se classent deuxième et troisième.
La Haut-Savoyarde, bien qu’en retard sur sa préparation, affiche une belle forme puisque vendredi 12 avril elle a gagné chez les féminines l’Ultra montée de Salève.

« Ce week-end était sous le signe de la reprise avec au compteur un seul trail en Italie remporté fin mars. Le 23 km du Lyon Urban Trail m’a permis de vivre ma première expérience en trail urbain. Je suis très satisfaite de mon résultat et en prime le parcours et son environnement m’ont séduite. Manquant d’entraînement en fractionné je suis partie prudemment et je pense que j’ai bien géré ma course. Je dois avouer que certains hommes, plus intrépides que moi, m’ont doublé dans les descentes, mais j’en ai dépassé pas mal dans les montées et même sur le plat ! ».

Sylvère Pruvost, Endurance Shop Optima Sports, finit premier du 23 km, Yann Alarcon, team Salomon espoir et Julien Ferel, Décines Meyzieu Athlétisme, sont deuxième et troisième.

«  C’était mon premier trail urbain, déclare Sylvère et au-delà de mon résultat, je suis très satisfait de cette nouvelle expérience. Je sors d’une longue saison de ski alpinisme. J’ai forgé ma victoire dans les montées et les plats et me suis moins senti à l’aise dans les descentes. J’ai essayé plusieurs enchaînements dans les escaliers avant de choisir de les monter ou descendre deux par deux. »

Yann Alarcon, 20 ans, catégorie espoir, faisait partie des jeunes engagés.

« Au départ mon objectif était un top 10 toutes catégories. Je suis particulièrement heureux d’avoir pu me hisser à la deuxième place du scratch. Dès les premiers hectomètres, j’étais dans le groupe de tête avec quatre autres traileurs, avant de me retrouver dans le top 3 au troisième kilomètre. Le rythme était rapide et j’ai eu longtemps Sylvère en point de mire. Un moment deuxième, j’ai jugé plus prudent d’attendre mon poursuivant afin d’avoir un appui pour des relais. J’ai repris définitivement la deuxième place au kilomètre 18. J’ai apprécié la vitesse dans toutes les descentes d’escaliers tout en parvenant à garder une bonne allure en les montant. Les derniers avant l’arrivée ont été plus difficiles. Autres moments particulièrement agréables de ce trail : le passage à Sainte-Foy-lès-Lyon et dans le nouveau tube modes doux de la Croix-Rousse, même s’il m’a paru un peu long ! »

Le Lyon Urban Trail, qui vient de rassembler environ 8000 traileurs, aura le samedi 8 novembre un petit frère noctambule. Il va se nommer LUT by Night et ses mensurations seront de 13 et 24 km, 2500 dossards seront attribués. Son parcours va être concentré sur la rive droite de la Saône, les collines de Fourvière et de Sainte-Foy-lès-Lyon. Un mélange en mode obscur de passages best-of du LUT et d’autres inédits.

http://www.lyonurbantrail.com

Crédit photos Damien Rosso www.droz-photo.com

Les tops 5

36 km
Dames
1 Zhanna Vokueva, team Salomon, 03:02:47.
2 Jennifer Lemoine, Chalon-sur-Saône, 03:15:45.
3 Hélène Pielberg, ASPTT Poitiers Athlétisme, 03:21:38.
4 Corine Gruffaz, Bonne, 03:28:26.
5 Sophie Rousselet, Lyon, 03:34:06.

Hommes
1 Sébastien Spehler, team Adidas, 02:25:16.
2 Dimitris Theodorakakos, team Salomon, 02:29:09.
3 Jonathan Duhail, Accrorun, 02:36:26.
4 Thibaut Baronian, team Salomon, 02:36:45.
5 Fabrice Arnaud, Le Pradet team Streetstepper Mizuno, 02:38:28.

23 km
Dames
1 Christel Dewalle, team Adidas, 01:52:51.
2 Marjorie Moron, Sathonay-Camp, 01:58:37.
3 Caroline Lafaye, Lille, 02:03:42.
4 Christine Tarbis, team Salomon, 02:04:50.
5 Camille Faes, Bourgoin-Jallieu, 02:08:03.

Hommes
1 Sylvère Pruvost, Endurance Shop Optima Sports, 01:41:43.
2 Yann Alarcon, team Salomon Espoir, 01:43:57.
3 Julien Ferel, Décines Meyzieu Athlétisme, 01:46:01.
4 Sylvain Garde, Lyon, 01:46:28.
5 Sébastien Mahia, Namur, 01:46:46.

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