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Marathon de MarseilleLa performance reste l’objectif principal chez tout coureur compétiteur. Chez les autres, c’est la recherche d’une sensation de liberté, augmenter sa confiance en soi, améliorer la connaissance que l’on a de son corps, ou encore se donner du temps pour soi. Bref, pour son bien être. Nous découvrons tous un jour ou l’autre la dure réalité de nos limites physiques et mentales lorsque l’on court, que l’on ai l’âme d’un compétiteur ou plus simplement d’un joggeur du dimanche. C’est exactement ce qu’il m’est arrivé ce week-end…

Lorsque l’on cherche à battre ses records, on apprend que l’engagement personnel, le sacrifice et la détermination sont les seules voies de progrès. Et comme dans la vie, quoi de plus gratifiant que de voir ses efforts récompensés par ses propres progrès ? Cependant dans certains cas et malgré tous nos efforts, nos objectifs sportifs ne suivent pas et une baisse inexpliquée des performances peut apparaître. Dans ce cas, le manque de résultats peut être attribué à tort à une mauvaise préparation physique. Et c’est bien là qu’est le piège du  » surentraînement  » car cela provoque chez le coureur une augmentation de la charge de travail au dépend de la récupération.

Marathon de Marseille
Crédit : LaProvence.com

Comme je le disais en introduction, j’ai en malheureusement fait l’expérience. Je m’étais bien jurer ne jamais tomber dans ce piège classique :  » Appliques-toi dans ton programme d’entraînement sans en rajouter inutilement « ,  » Penses aux périodes de repos « ,  » Ne pars pas trop vite et vérifies toujours ton allure pendant la compétition « , etc… Mais non ! C’est plus fort que moi… il a fallu que j’en fasse trop. Tous les programmes d’entraînement vous le dirons. Un mois avant un marathon, il est de bon ton de programmer un semi-marathon. Mais l’agenda a été cruel avec moi cette année : le marathon de Barcelone couru le 1er Mars, le semi-marathon d’Annecy programmé ce 19 Avril, et le nouveau marathon de Marseille ce 26 Avril. Une seule semaine d’écart ! Tant pis, je me suis lancé… Résultat des courses : record battu sur marathon, mais de souffrance seulement… à moins que ce ne soit aussi d’expériences.

Après avoir battu mon record sur semi-marathon la semaine dernière, cela ne faisait pas vraiment partie de ma  » stratégie  » de battre aussi mon meilleur temps sur marathon une semaine après. Je prévoyais bien un manque de fraîcheur, mais mon bon résultat sur semi et ma préparation de ces derniers mois m’a rendu trop optimiste. Au pire, je m’attendais à faire quelques minutes de plus que lors du marathon de Barcelone. Mais là, je dois dire que j’ai dégusté. Vent de face, pluie importante, beaucoup de relief… on m’avait pourtant prévenu qu’il était difficile. Malgré des jambes pas complètement reposés, j’ai donc tenté l’aventure dès le départ en suivant les meneurs d’allure des 3h30 (mon record n’est que de 3h40 réalisé il y a deux mois à Barcelone). Ma stratégie était la pire : suivre cette allure sur la moitié du parcours, et revoir l’allure à la baisse pour finir «  tranquillement ». Dommage, mauvaise pioche !

Marathon de Marseille
Crédit : LaProvence.com

Alors, bien sûr, j’ai réussi sans trop de peine à accrocher le groupe des  » 3h30″  jusqu’au 22ème km. Mais c’est là que ma course s’est compliquée. Au 23ème km, je sens venir une crampe au mollet droit. Assez habitué à ce type de douleur, je déroule donc méticuleusement mon pied pour bien détendre ma jambe. Malgré tout, la douleur persiste. Toujours dans une allure de 3h30, je me dis qu’il est peut-être temps pour moi de réduire un peu la vitesse. Mais la douleur ne passe toujours pas et se fait même de plus en plus ressentir. Je décide alors de m’arrêter pour effectuer un étirement que j’espère salvateur. Etant à ce moment sur un pont, je choisis de rejoindre la barrière pour pouvoir m’appuyer. Pour cela, je dois enjamber un trottoir surélevé. Mais au lieu de l’enjamber avec ma jambe qui va bien (la gauche), je tombe lourdement en appui tendu avec celle qui a une crampe ! Imparable : sensation d’électricité le long de la colonne vertébrale, douleur fulgurante, muscle bloqué sur une jambe tendue comme une canne en bois… Il m’a bien fallu 1 à 2 minutes d’étirements avec l’aide d’une bénévole qui est venue m’épauler avant de pouvoir repartir en traînant cette jambe impossible à plier…

Marathon de Marseille
Crédit : LaProvence.com

Une nouvelle course a alors débuté sur ce beau parcours en bord de mer avec un doute terrible de pouvoir finir les près de 20 km restants avec une seule jambe… Ma solution pour tenir : justement ne plus penser aux kilomètres encore à parcourir mais se concentrer uniquement sur chaque mètre parcouru et oublier la douleur. Se concentrer sur tout et n’importe quoi : d’abord on pense à sa famille, ses proches et ses amis. Puis on se focalise sur des détails : à la couleur d’un maillot ou d’un short de coureur devant vous, à la pluie qui vous inonde le visage, à cette même affiche de cinéma présente sur tous les abribus de la ville et vue des dizaines de fois depuis le départ sur le Vieux-Port, aux couleurs des feux tricolores, à la forme des barrières de protection de la route, à des visages de spectateurs, à des cris d’encouragements ou à des brides de conversation entendues sur le bord de la route. Les panneaux de kilométrages défilent et on calcule la distance restante, le temps d’arrivée estimée, on convertit son allure exprimée en minutes par kilomètre en kilomètre par heure, puis en miles, etc… On s’accroche à n’importe quoi… et plus les kilomètres défilent, plus le sacrifice consenti laisse place à la mesure de sa propre détermination.

Si j’ai réussi à finir ce magnifique marathon (malgré le vent et la pluie) en 3h55 sans fatigue physique autre que cette crampe à la jambe droite, je me suis senti épuisé d’avoir lutter moralement plus de 2 heures pour chasser de mon esprit cette douleur et la conscience du reste à parcourir… Mais quel beau souvenir ! Comme dit si bien Karine, 32 ans dans un article sur le site du journal « la Provence » (http://www.laprovence.com/articles/2009/04/27/800747-Region-Marathon-les-forcats-du-bitume-ont-brave-le-temps.php) qui résume cette course lorsqu’elle sanglote et se vide en disant  » Si vous saviez ce que j’ai souffert ! Mais c’est une telle émotion pour moi d’avoir fini. Celle que l’on ressent quand on est allé au bout de soi-même « .

Une belle expérience riche en enseignements. On ne m’y prendra plus… A moins que l’organisation du prochain marathon de Marseille 2010 nous promette une météo plus clémente. Parce qu’à cette condition, c’est sûr : j’enchaîne l’immanquable semi-marathon d’Annecy et le marathon de Marseille !

C’est bien Henry David Thoreau qui disait que « l’expérience est dans les doigts et dans la tête mais le cœur n’a pas d’expérience » ?

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scott_tiger

Né en 1971 à Saint-Etienne et de formation Ingénieur, je suis Ingénieur commercial et interviens dans le conseil et la vente de solutions technologiques complexes au sein d'un groupe mondial leader dans les technologies de l'Information. Travaillant depuis quelques années à Genève, je bénéficie avec la Haute-Savoie d'un environnement idéal pour les sports outdoor et plus particulièrement la course à pied. Courant 2 ou 3 marathons par an depuis quelques années (grâce à un entraînement de 3 à 4 sorties hebdomadaires), je m'intéresse de plus en plus au trail et ultra-trail. Mon prochain grand objectif : la SaintéLyon 2009 en solo. Who is Scott/tiger ? Bruce Scott was one of the first employees at Oracle (then Software Development Laboratories). He co-founded Gupta Technology (now known as Centura Software) in 1984 with Umang Gupta, and later became CEO and founder of PointBase, Inc. Bruce was co-author and co-architect of Oracle V1, V2 and V3. The SCOTT schema (EMP and DEPT tables), with password TIGER, was created by him. Tiger was the name of his cat.


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La liste des entrées complémentaires est établie par le module d’extension YARPP.

  • http://Widiwici angus

    Bravo Scott_tiger, pour la perfomance du marathon, mais également pour le récit de ta course, encore une fois. A la lecture de ces lignes, j’ai ressenti la douleur que tu as pu avoir.
    Le mental est -dans ces cas là- encore plus à l’épreuve que le corps.
    Toutes proportions gardées, j’ai connu pareille mésaventure à la dernière SaintéLyon avec un nerf ‘bloqué’ après 5km quand il en restait encore 34.
    Bonne chance et prudence pour tes prochaines courses.
    Au plaisir de te lire.

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